Chardeau
Label : L Records
Pop Rock Folk
Fr. Dax
Le personnage est singulier. Assurément décalé, il étonne et détonne dans le paysage. Son look évoque pêle-mêle le Buffalo Bill d’un western futuriste, un Gandalf cuir et rock, un aventurier SF moitié Zappa moitié Corto Maltèse ou un néo-druide égaré au XXIe siècle… Que dire d’autre pour situer cet hurluberlu sympathique qu’on croirait tout droit sorti de « Retour vers le futur », si ce n’est qu’il est – surtout – auteur, compositeur, interprète, Bélier ascendant Bélier, et qu’il joue aussi, parmi d’autres instruments, de l’autodérision et de la démesure.
Chardeau ne ressemble à personne. Quelque part entre Chicago, Gotainer, Magma et Genesis (époque Gabriel), il livre une musique rétro-futuriste flamboyante et puissante, riche et colorée. Capitaine Nemo d’un navire improbable, il nous embarque pour des périples ponctués d’escales à 20 000 lieux sur les airs, dans une odyssée symphonique et pulsionnelle, orchestrée à l’Américaine, excentrique et d’une grande musicalité. Baroque et bien rock. En fait, sa musique cosmicopolite
puise dans toutes les sources pourvu qu’elles soient bonnes, son univers est truffé de clins d’oeil et de références. Arty-rock transprogressif ou fusion pop-jazz baroque ? Qu'importe. L’irréductible se fout des étiquettes et poursuit ses délires créatifs hors du temps et des sentiers battus, aux antipodes du marketing discographiques et des buzz branchés. Don’t believe the hype !
Son parcours est balisé de plusieurs jalons discographiques : « Escales » (avec son groupe Chardo’s Airlines, en 1990), « Data pulsions » (1999), « Hors portée » (sorti en 2005 en deux versions : « Highlight » et « Instrumental session »), « IntéGraal » (DVD audio réalisé en 5+1, mais jamais paru)… Au fil de ses opus, Chardeau a toujours fait appel à la crème des
musiciens hexagonaux (Bernard Paganotti, Basile Leroux, Claude Salmieri, Didier Malherbe, Bernard Lajudie, l’arrangeur Richard Aubert…).
Nouvelle pierre à l’édifice, son album « Résilience » a été enregistré pour l’essentiel à Los Angeles avec des crédits pour le moins exceptionnels. A commencer par ses amis (si, si…) Jerry Goodman (le violoniste magique du Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin, qui assure ici la direction artistique) et Robert Lamm (le clavier, songwriter et chanteur de Chicago), anges bienveillants du Chardeau Circus. Selon le principe « les amis de mes amis sont mes amis », se sont aussi prêtés
au jeu le clavier Brian Auger (Rod Steward, Hendrix, Led Zeppelin), Chris Pinnick (guitariste de Chicago), le bassiste Reggie Hamilton (Luther Vandross, John Mellencamp, Seal, Tina Turner), le percussionniste Lenny Castro (Toto, Stevie Wonder, Red Hot Chili Peppers, Quincy Jones, David Sanborn, Ricky Lee Jones, Wayne Shorter), le pianiste Shelton Berg (Kiss, Joe Cocker…) et le batteur Curt Bisqueira (Elton John, John Fogerty, Nelly Furtado, James Taylor, Dave Steward, Joni Mitchell). A l’arrivée ? « Une pure tuerie et un son à tomber par terre », s’exclament les fans.
Sur disque comme sur scène, Chardeau fait son show avec jubilation, gravité, ivresse, autodérision, mélancolie, humour, cynisme et démesure… L’artiste se donne sans compter dans des spectacles survitaminés, encore trop rares : « Jean-Charles Edouard, escales » (fragments du journal intime d’un Tintin mondain), un barock opéra créé au Sentier des Halles à Paris en 1993, la tournée multimédia « Chardeau, c’est show » au Québec (premier « off » des Francofolies de Montréal en 1997), concerts à Berlin et Varsovie, quelques festivals, tournée Cultura d’une trentaine de dates en 2006... En attendant une tournée en préparation au Québec, Chardeau était en showcase au Zèbre de Belleville le 10 janvier, pour présenter son nouvel album. Quelques projets se préparent, avec la possible venue de Jerry Goodman en guest sur quelques dates.
Si Chardeau n’existait pas, il faudrait l’inventer !